12 mai 2014 - 14:19
L’Occident évite la confrontation totale avec Moscou

Le message d'apaisement de Vladimir Poutine, adressé aux partisans du référendum du 11 mai sur la fédéralisation de l'Ukraine, a été salué des deux côtés de l'Atlantique, écrit lundi 12 mai le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : Ce discours, dont l'objectif était de convaincre les radicaux du sud-est de l'Ukraine de repousser le scrutin à la faveur d'un dialogue avec le pouvoir central de Kiev, a été prononcé mercredi dernier lors d'une conférence de presse avec le président suisse Didier Burkhalter, qui préside actuellement l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Sa visite à Moscou, au lieu de l'initiative allemande d'organiser une nouvelle réunion quadrilatérale sur l'Ukraine à Genève, montre que la Russie a jugé utile de réanimer les accords du 17 avril avec des fonctions élargies de l'OSCE.

La feuille de route suggérée par Didier Burkhalter prévoit un cessez-le-feu, la désescalade de la tension, l'établissement d'un dialogue et la tenue d'élections. En outre, l'OSCE est prête à constituer un fonds pour financer le plan de désarmement prévu en Ukraine.

Poutine a créé la surprise en affirmant que l'élection présidentielle prévue en Ukraine le 25 mai était un « mouvement dans la bonne direction » : la position de la Russie se résumait jusque-là au fait que le nouveau gouvernement ukrainien était illégitime, puisque venu au pouvoir par un coup d'Etat.

La veille, à la réunion du Comité des ministres du Conseil de l'Europe, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ne s'était pas non plus catégoriquement opposé à l'élection en Ukraine, même s'il trouve « étrange » de l'organiser « alors que l'armée est utilisée contre une partie de la population » . Par ailleurs, Sergueï Lavrov a rappelé que la réforme constitutionnelle en Ukraine ne s'achèverait pas d'ici le 25 mai : en votant pour un candidat, les électeurs ne sauront pas quels pouvoirs il détiendra au final car la nouvelle Constitution répartira les pouvoirs entre le président et le parlement.

Entre temps, avant le référendum de dimanche dans les régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine, le département d'Etat américain avait clamé le caractère illégitime de ce vote et averti qu'il n'en reconnaîtrait pas les résultats. « Nous sommes déçus de voir que le gouvernement russe ne souhaite pas user de son influence pour interrompre ce référendum après la proposition du président Poutine, le 7 mai, de reporter le vote et de retirer les forces russes des frontières ukrainiennes", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Jen Psaki.

Comme l'a souligné la sous-secrétaire d'Etat Victoria Nuland au congrès américain, « une élection présidentielle libre et honnête serait la meilleure réponse aux militants séparatistes ». Hormis une centaine d'observateurs de l'OSCE, les Etats-Unis enverront en Ukraine 255 observateurs à long terme et plus de 3 300 hommes en mission à court terme.

A la question des congressistes de savoir combien le soutien de l'Ukraine avait déjà coûté au trésor américain, Nuland a répondu qu'en plus des 92 millions de dollars assignés à Kiev en 2013, 86 millions supplémentaires seraient accordés à l'Ukraine. En outre, Kiev bénéficiera d'une aide technique de 50 millions de dollars et d'un prêt de 1 milliard de dollars.

Les congressistes ont constaté que les sanctions adoptées contre Moscou afin de régler la crise en Ukraine avaient un impact significatif sur l'économie russe. Cependant, ils ont appelé l'administration à les durcir, notamment si la Russie osait empêcher l'organisation de la présidentielle en Ukraine.

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